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La pénurie de compétence accentue le recours à la sous traitance
Mardi 22 Avril 2008
Selon l'Insee, en 2006, 29 % des entreprises d'au moins dix salariés « confient à des prestataires extérieurs des fonctions requérant des personnels spécialisés dans les technologies de l'information et de la communication (TIC) ». Ce qui peu paraître faible, mais la proportion varie fortement selon la taille de l'entreprise, plus elle est grande, plus elle externalise et son appartenance à un groupe, facteur favorisant l'externalisation pour cause de mutualisation de moyen. Cette étude relativise aussi le phénomène offshore, qui ne concernerait qu'un peu plus de 2% des entreprises. L'Insee note là que la « bonne santé des services marchands en 2006 est due en grande partie à la forte progression des activités de services informatiques et de télécommunications (+ 6 % de progression de la production en volume en 2006) ». Ce qui bénéficie directement à l'emploi : l'emploi salarié dans les activités informatiques a ainsi augmenté de 5,4 % en 2005 puis de 4,4 % en 2006. « Néanmoins, ces recrutements peuvent se trouver entravés par le manque de postulants, par l'expérience parfois insuffisante des candidats, ou encore par des prétentions salariales jugées trop élevées ». Fin 2006, 43 % des chefs d'entreprise qui cherchent à recruter des spécialistes des TIC faisaient part de difficultés. Ce serait essentiellement en raison de cette rareté des ressources que les entreprises externaliseraient leur projet informatique ou la gestion de celle-ci. Avec 29% des entreprises qui ont recours à des prestataires, la France est l'un des pays de l'Union européenne où cette proportion est la plus faible : la moyenne est de 44% sur les 27 pays de L'Union. C'est au Danemark, en Norvège et en Finlande que les entreprises sous-traitent le plus des fonctions informatiques, avec des taux de 76%, 73% et 70% (source Eurostat). En Allemagne, les deux tiers des entreprises ont recours à la sous-traitance, et elles ne sont que 42% au Royaume-Uni, pourtant fréquemment cité comme un pays mature en termes de services informatiques et notamment d'externalisation. « L'interprétation de ces statistiques demeure néanmoins délicate », prévient l'Insee. « En effet, les différences entre pays reflètent en partie des différences de structures selon la taille des entreprises, la présence de groupes ou encore le poids relatif des secteurs d'activité. » Une externalisation liée à la taille L'étude Insee s'étonne a priori d'un phénomène bien connu du marché des services : plus les entreprises sont importantes, plus elles externalisent : ainsi 72% des entreprises de plus de 250 salariés ont-elles recours à la sous-traitance contre seulement 20% pour les entreprises de 10 à 19 salariés. Un tiers des entreprises de 20 à 50 salariés externalisent des fonctions TIC et la moitié de celles comptant entre 50 et 250 salariés. Celles qui sous traitent représentent 65 % de l'emploi salarié des sociétés d'au moins dix salariés. Explication donnée : « Les grandes sociétés possèdent vraisemblablement des infrastructures informatiques suffisamment complexes pour être en partie confiées à des entreprises extérieures alors que les plus petites peuvent encore gérer en interne les leurs, avec peu de personnel ». Comme pour l'offshore, externaliser suppose en effet d'organiser au préalable. « D'une part, l'externalisation des fonctions informatiques nécessite des compétences spécialisées au sein de la société de manière à réussir ces opérations. D'autre part, les très nombreuses sociétés qui n'ont pas de personnels spécialisés, et notamment les plus petites d'entre elles, ne sont pas celles qui cherchent à sous-traiter ces tâches : elles n'en ont probablement pas besoin. » « Quels que soient la taille de l'entreprise et son secteur d'activité, sa propension à sous-traiter ces types de fonctions est plus forte lorsqu'elle est contrôlée par un groupe », note l'Insee. « Cela peut s'expliquer par la volonté de réserver à une unité spécialisée le soin de traiter des tâches informatiques pour le compte de l'ensemble du groupe. De fait, 32 % des entreprises qui appartiennent à un groupe et qui sous-traitent leurs activités TIC le font dans le cadre de leur groupe ». Une démarche également adoptée par les groupes en matière de gestion du personnel ou de paie. « Les secteurs d'activité qui sous-traitent le plus des fonctions requérant des spécialistes en TIC sont l'énergie et la finance », avec respectivement 74% et 69% des entreprises qui externalisent des fonctions informatiques. L'offshore reste marginal L'étude de l'Insee souligne que la « sous-traitance est assurée en premier lieu par des prestataires situés en France : seules 8 % des entreprises qui sous-traitent ce genre de tâches les confient à des sociétés situées à l'étranger, et 3 % hors de l'Union européenne ; il s'agit dans ce cas plutôt d'entreprises appartenant à des secteurs étroitement liés aux nouvelles technologies ». Rapportées à l'ensemble des entreprises françaises (y compris celles qui n'ont pas sous-traité de tâches liées aux TIC), seules 2,2 % ont donc recours à des entreprises étrangères pour s'occuper, totalement ou partiellement, des tâches requérant des spécialistes en nouvelles technologies. Les secteurs informatique et télécom est le principal utilisateur de ressources offshore. Les fonctions externalisées Selon l'Insee, les fonctions donnant lieu à sous-traitance sont d'abord les projets de développement et intégration (logiciels, sites Web, bases de données et réseaux), 78% des entreprises ont pour cela recours à un prestataire extérieur, et les opérations courantes sur les TIC (support technique et aide, administration de réseaux, de sites Web et de bases de données) sont confiées à des prestataires par 85% des entreprises. En revanche, « le management lié aux TIC (conseil et stratégie, plan directeur, y compris e-business) » est plus rarement externalisé. « Les comportements de sous-traitance diffèrent en revanche selon le secteur d'activité (à taille et appartenance à un groupe équivalentes). Ainsi, les entreprises financières sous-traitent plus spécifiquement les tâches de développement et de management liées au TIC, mais moins souvent les opérations courantes ».
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