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Les bundles* télécoms en sursis
Mercredi 20 Août 2008
Par Farouk GOULAM-ALLY, Senior Manager, INEUM Consulting. L'arrivée de la fibre optique et son financement partiel par les pouvoirs publics pourraient bouleverser l'offre actuelle du haut débit. Les consommateurs auraient le choix de prendre Internet, la téléphonie et la télévision chez trois fournisseurs différents. Le marché du haut débit s'est fortement développé en France ces dernières années. Les foyers français sont équipés à 50% et une croissance soutenue est encore attendue dans les trois prochaines années. Ce développement s'est appuyé sur une prolifération des fournisseurs d'accès à Internet (FAI) et surtout, sur la généralisation des fameuses offres triple-play à 29,90 euros. Parallèlement, les pouvoirs publics ont investi plus de 2 milliards d'euros pour apporter le haut débit dans les zones délaissées par les opérateurs privés. Mais à peine commence-t-on à réduire la fracture numérique du haut débit que se creuse déjà celle du très haut débit... Dès 2007, certaines communes, situées principalement en Ile-de-France, ont accueilli les premiers services de fibre optique. Plusieurs opérateurs ont annoncé vouloir la déployer graduellement sur le territoire français. Mais compte tenu des investissements colossaux nécessaires, l'intervention des moyens publics est incontournable. Sans leur concours, c'est probablement 80 à 85% des foyers qui ne pourraient pas bénéficier de ligne optique. Un plan très haut débit a été mis en place par le gouvernement dès la fin 2007 pour anticiper cette fracture du très haut débit. Dans cette perspective où les pouvoirs publics aideraient les abonnés à obtenir la fibre optique, les règles actuelles du haut débit pourraient être mises à mal. Aujourd'hui, les FAI poursuivent une stratégie d'intégration verticale. Ils investissent chacun dans le réseau et les équipements et rivalisent de créativité pour pousser le client à la consommation. Dans une logique de financement public, le réseau pourrait être mutualisé. Les opérateurs ne seraient plus obligés de tirer leur propre fibre optique jusqu'à leurs abonnés. C'est le schéma adopté par les délégations de service public (DSP) haut débit. Cet impératif devrait se renforcer sur la fibre qui est une technologie encore plus coûteuse. Ce schéma est celui mis en place en Suède par MälarEnergi depuis 2000. L'entreprise est devenue un modèle en matière de réseau "open access". Avec son partenaire technologique PacketFront, la société raccorde plus de 50 000 foyers et plusieurs milliers d'entreprises à son réseau ouvert autour du lac de Mälar. Les grands opérateurs, y compris Telia et Tele2, s'appuient sur ce réseau mutualisé au lieu de développer le leur. Ils peuvent alors se focaliser sur les services offerts. Ce schéma inspire déjà les collectivités françaises, précurseurs du très haut débit, telles que la Manche ou le Pays Chartrain. Afin de stimuler la concurrence, les fournisseurs opérant sur ce "réseau public" pourraient se voir imposer une règle de dépackaging de leurs services. Le client serait équipé en fibre optique par un "opérateur neutre". Son accès Internet proviendrait d'un fournisseur, la téléphonie d'un deuxième. Et il pourrait constituer son propre bouquet de télévision en combinant ses dix chaînes préférées, au lieu d'avoir 150 chaînes dont 99% ne sont jamais regardés. Par ailleurs, casser la verticalisation de l'offre permettrait de faire subsister des fournisseurs de niche offrant un contenu local, spécialisé ou des services spécifiques. Des acteurs qui auraient, sinon, fini dans un bouquet de grand opérateur, n'accédant qu'à une partie de leur cible. Après les prix cassés des packages triple-play, la possibilité pour les consommateurs de choisir saura-t-elle s'imposer en France ? * Offres groupées Ineum Consulting est une société de conseil en stratégie, organisation et systèmes d'information. Avec ses 1050 collaborateurs, Ineum Consulting est présente en France, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, Suisse et États-Unis - et fait partie de Management Consulting Group Plc, qui dispose de plus de 30 bureaux répartis sur les 5 continents. www.ineumconsulting.com
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