Lundi 15 Mars 2010
Le green IT et les TIC pourront ils sauver la planète ?
Jeudi 28 Mai 2009
20090515_12En 2007, un rapport du Sénat américain a montré que l'ensemble des data centers représentait près de 2% de la consommation totale de l'électricité nationale et une dépense énergétique équivalent à celle des compagnies aériennes. Depuis lors, la consommation énergétique des centres informatiques, thème placé sous l'appellation green IT, est devenue une question centrale, tant pour les constructeurs que pour les entreprises utilisatrices.
« Le coût de l'énergie pour faire fonctionner l'ensemble des éléments qui composent le data center - serveurs, stockage et matériels de réseaux - ainsi que les équipements de refroidissement est devenu le premier poste du budget d'un centre informatique », expliquait David
Gelardi, VP industry solutions d'IBM en présentation de la réduction drastique de data center de la Compagnie. Depuis 1997, IBM a réduit le nombre de ses data centers de 155 à 7.

Représentative de la modernisation lancée par un très grande nombre d'entreprises, cette évolution place la question énergétique au cœur de la problématique du data center. Parallèlement à la consolidation sur un nombre plus restreint de sites, la montée en puissance des systèmes informatiques entraîne une augmentation de la consommation des ressources électriques avec un ratio au mètre carré qui ne cesse d'augmenter.

Dans une enquête réalisée en 2008 par le CRIP (Club des Responsables d'Infrastructure et de Production), une association qui rassemble les responsables d'infrastructures ou de production des grandes entreprises, auprès de ses membres, 20 % des personnes interrogées estiment que le ratio KW/m² sera de 1 d'ici deux ans, 50 % pensent qu'il sera compris entre 1 et 3 et 20 % qu'il sera même supérieur à 3. D'où l'importance des questions d'alimentation électrique, mais aussi de refroidissement. Des calculs simples permettent de prendre l'ampleur du problème : une salle de 1000 m² avec un ratio de 2 KW/m² implique un besoin de 2000 KW. Ce besoin en électricité devient une question majeure. Par exemple, rappelle le rapport du CRIP, le coût de la consommation électrique sur 3 ans est parfois supérieur à l'investissement en matériel.


Répartition de la consommation électrique

La consommation énergétique d'un data center se répartit en trois grandes composantes : 45 % pour les systèmes de refroidissement, 25 % pour les équipements électriques (onduleurs, systèmes d'éclairage...) et 30 % pour les systèmes informatiques (serveurs, systèmes de stockage, équipements de réseaux...).

Pour optimiser la consommation électricité, il faut donc agir à tous les niveaux. D'abord au niveau du data center, grâce à un agencement bien pensé des différents systèmes dont l'idée de base est la création des allées froides et des allées chaudes.

Ensuite au niveau de l'enveloppe par le biais d'une gestion avancée du câblage au sein de l'armoire en le plaçant au-dessus des armoires. Grâce aussi à une ouverture avec déflecteur à la base de l'armoire pour l'admission et la mise en place d'un panneau obturateur afin d'éviter la recirculation de l'air chaud.

Enfin, le troisième niveau, qui n'est pas le moindre, concerne le câblage. Ici, seront préférés les câblages blindés aux câblages non blindés. Ce choix permet non seulement de réduire la consommation électrique (de 15 % selon la Blade Alliance à 30 % selon SearchNetworking) mais offre aussi l'avantage de répondre aux besoins en performance que les applications de demain nécessiteront.

Cette démarche pour la création d'un data center green peut se transposer dans le domaine du tertiaire au niveau des locaux techniques. Cette déclinaison touche à la fois l'agencement du local technique avec un aménagement approprié des baies et une organisation optimisée du câblage qu'une implémentation des postes de travail.

Les TIC pour réduire les émissions de gaz à effet de serre

Les TIC ont fini par être perçues comme un facteur essentiel de développement de la productivité, même si elles ont été longtemps victimes du paradoxe de Solow selon lequel on « voyait les ordinateurs partout sauf dans les statistiques de la productivité ». Avec leur développement spectaculaire, elles sont depuis quelques années perçues comme des consommatrices gloutonnes d'énergie. Si les data centers proprement dits ne représentent que 2 % de la consommation électrique, les TIC dans leur acception plus large, incluant l'ensemble des produits du numérique représente eux 13,5 % de l'électricité française. Dans le secteur résidentiel, les TIC incluant les produits audiovisuels consomment 30 % de l'électricité spécifique (celle qui ne peut être remplacée par aucune autre source d'énergie) des ménages contre 10 % en 1995. Les seules « veilles » des équipements consomment plus de 10 % de l'électricité spécifique.

De 1995 à 2007, l'ensemble des gains réalisés par les ménages sur les appareils électroménagers blanc, froid, lavage et éclairage a été annulé par la progression de l'équipement des ménages en TIC et leurs niveaux élevés de consommation électrique. D'où l'importance du changement des comportements. D'où le thème du green IT ou de l'informatique verte, une voie qui pourrait apporter des améliorations significatives sur l'environnement et avoir un impact majeur dans la lutte contre le changement climatique.

Le rapport « TIC et développement durable » qui a été remis en mars dernier au gouvernement par le Conseil général des technologies de l'information (CGTI) et le Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD), en collaboration avec l'Arcep considère que les TIC ont un apport positif pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, en permettant d'économiser 1 à 4 fois leurs propres émissions sur le reste de l'économie. Les TIC peuvent aussi être largement utilisé dans de très nombreux domaines pour réduction les émissions de gaz à effet de serre. On peut citer pêle-mêle et de manière non exhaustive : une organisation différente du travail avec notamment le télétravail, les réunions à distance via les solutions de travail collaboratif et de vidéoconférence, l'e-commerce, la dématérialisation des procédures administratives et na numérisation des activités humaines en général, les bâtiments et les voitures intelligentes...
Certaines applications peuvent avoir des effets spectaculaires en réduisant parfois de manière drastique, la consommation énergétique et les émissions de CO2. Par exemple, IBM a mis en place un système de péage et de régulation pour décongestionner la ville de Stockholm qui a permis de réduire de 40 % l'émission de gaz carbonique après 15 jours de mise en place du système.
Big Blue a également mis en place un système pilote de compteurs intelligents d'électricité pour le compte de Pacific Electric permettant un relevé des consommations à distance et évitant ainsi les tournées des techniciens.
Ces deux exemples ne constituent qu'un échantillon du champ des possibles. La mission qui a rédigé ce rapport « estime que la prise de conscience du secteur et les pistes de recherche déjà engagées doivent permettre une amélioration significative de cette situation ». Elle a développé 19 recommandations organisées en deux axes : rendre les TIC plus sobres en énergie ou à promouvoir leurs usages permettant des gains en carbone.

20090515_13Les principales pistes de réflexion

- Parmi ces pistes, des actions sont déjà entreprises ou devront l'être dans un avenir proche, entre autres :
la mise en place d'un observatoire du secteur ;
- l'amélioration de l'affichage des consommations des équipements ;
- la diminution de la consommation des équipements, notamment les serveurs informatiques et les box Internet ;
- la mise en œuvre de mesures destinées à allonger la durée de vie des téléphones mobiles ;
- une amélioration de l'efficacité de la filière de traitement des déchets électroniques, notamment pour les entreprises.

La commission publie aussi son rapport

De son côté, la Commission européenne encourage les États membres et le secteur privé à recourir aux technologies de l'information et des communications (TIC) afin d'améliorer le rendement énergétique. Ces technologies devraient permettre une réduction allant jusqu'à 15 % des émissions totales de carbone en Europe d'ici à 2020.
Les TIC peuvent non seulement améliorer la surveillance et la gestion de la consommation d'énergie dans les usines, bureaux et espaces publics, mais peuvent surtout contribuer à sensibiliser davantage les citoyens à la manière dont ils utilisent l'énergie. Grâce aux compteurs intelligents, par exemple, certains consommateurs ont pu réduire leur consommation d'énergie de 10 %.
Pour que l'Union européenne atteigne ses objectifs en matière de changement climatique d'ici à 2020, il est capital que se répande l'usage de technologies permettant aux citoyens et aux entreprises d'exercer leurs activités quotidiennes de manière plus efficace d'un point de vue énergétique. Les TIC font désormais partie intégrante de la quasi-totalité des branches de l'économie européenne.
Les systèmes basés sur des TIC permettraient, par exemple, de réduire de 17 % au maximum la consommation d'énergie des bâtiments dans l'UE et de diminuer de 27 % au maximum les émissions de carbone dans la logistique des transports.
Les compteurs intelligents peuvent fournir aux consommateurs des informations complètes sur leur consommation d'énergie et son coût. Les résultats d'études menées dans plusieurs États membres indiquent que le déploiement de compteurs intelligents peut réduire de 10 % au maximum la consommation d'énergie. Les compteurs intelligents produisent des informations plus précises sur la demande des consommateurs, qui peuvent ensuite être mises à profit par les fournisseurs d'électricité pour gérer leur réseau de manière à réduire la production inutile et les pertes et, partant, à diminuer les émissions de carbone.

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Les commentaires

@altiforti : peut être, mais il faut aussi prendre en compte les effets de rebond. Exemple, l'informatique a permis au compagnie aérienne de baisser leur tarifs (les compagnies low cost n'existeraient pas sans l'IT), ce qui incite les gens à voyager plus (car moins cher) et contribue directement à augmenter le trafic aérien et ses pollution/nuisances.

Le problème n'est pas simple du tout et c'est surtout une question d'usage.

plus d'information sur ce thème, je vous conseille la lecture des sites http://www.greenit.fr (actu, guides) et http://www.eco-info.org (guides, publications scientifique).

Par Frederic_L le 03/07/2009 à 11:55

Bien sur il faut gagner en efficacité energétique.
Mais considérer les coûts de façon partielle est une courte vue.
A t on mesuré les gains d'efficacité que le net a fait gagner à l'humanité !

Par altiforti le 29/05/2009 à 11:34

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