Applications d'entreprise et cloud computing : convergence ou mythe ? Dossier Gartner (3e Partie)
Vendredi 27 Novembre 2009
Après avoir examiné les applications liées au CRM (ventes, marketing et clients), ce troisième volet traite de l'ERP, tant du côté de la gestion financière, gestion du capital humain (HCM) et approvisionnement que des opérations et gestion de la chaîne d'approvisionnement (SCM), et du Master Data Management. ERP pour la gestion financière, la HCM et l'approvisionnement De nombreuses entreprises ont déjà adopté des solutions d'applications administratives centrales sur site, pour ces types d'utilisations : - grand livre ; - comptes fournisseurs ; - achats ; - administration du personnel ; - administration des avantages sociaux ; - gestion de la paie. Au cours des dernières années, des solutions de logiciel en tant que service ont émergé principalement en périphérie de ces solutions administratives fondamentales. Cela a commencé dans des domaines de niche tels que le recrutement électronique, la gestion des dépenses de voyages et la gestion des contrats, avant de s'étendre à des ensembles de solutions plus vastes tels que la gestion des talents, la gestion des performances d'entreprise (CPM) et les suites d'applications de sourcing (approvisionnement). À l'heure où les entreprises font face à d'importantes pressions sur les coûts, certaines se tournent vers les logiciels en tant que service pour les aider à diminuer les coûts. Au départ, l'utilisation des logiciels en tant que services pour des applications administratives fondamentales était axée en grande partie sur le marché intermédiaire. Toutefois, des offres d'applications administratives fondamentales commencent également à émerger pour des entreprises internationales plus grandes et plus complexes (par exemple, CODA 2Go d'Agresso élaboré sur la plate-forme Force.com pour les applications financières, Workday pour la HCM, et Ariba pour l'approvisionnement). Peu de fournisseurs spécialisés dans la gestion financière, la HCM et l'approvisionnement exploitent les infrastructures de cloud computing dans le cadre de leurs solutions (CODA 2Go élaboré sur la plate-forme Force.com est une exception notable). Néanmoins, tout comme les solutions de logiciel en tant que service ont émergé initialement en périphérie des applications administratives fondamentales, la même chose est en train de se produire pour les infrastructures de cloud computing. Par exemple, plusieurs applications de recrutement proposées par des éditeurs tels qu'Astadia, Avankia, Fairsail, Jobscience et Riptide sont en train d'être développées sur la plate-forme Force.com. La plupart des nouveaux éditeurs utilisent le modèle de déploiement des logiciels en tant que service, et nous nous attendons à ce qu'ils envisagent sérieusement de recourir à Force.com et d'autres fournisseurs de plate-forme en tant que service, plutôt que d'élaborer leurs propres infrastructures.
ERP pour les opérations et la SCM Dans le domaine fondamental des suites d'ERP, couvrant le système dorsal des processus d'ERP, l'adoption par les clients des technologies basées sur le cloud computing est limitée. Si, comme indiqué précédemment, il n'y a eu qu'un nombre limité d'annonces de systèmes d'ERP basés sur le cloud computing, tels que ceux de Compiere, NetSuite et SAP, ces offres ne suscitent pas encore un attrait significatif sur le marché. C'est principalement parce que les solutions disponibles sont toujours en cours de développement en termes de qualité et d'ampleur. De plus, les entreprises sont préoccupées par la sécurité, le contrôle sur le système et les niveaux de service associés à l'utilisation des modèles de cloud computing avec les données d'entreprise fondamentales. L'adoption du cloud computing devrait se polariser entre : - La partie inférieure du marché intermédiaire et le niveau 2 : nous nous attendons à une adoption modérée des suites d'ERP basées sur le cloud computing dans la partie inférieure du marché intermédiaire ou dans les déploiements d'ERP de niveau 2, en raison de la sensibilité aux coûts ; - La partie supérieure du marché intermédiaire et les grandes entreprises : nous ne prévoyons pas une adoption significative des suites d'ERP basées sur le cloud computing dans la partie supérieure du marché intermédiaire ou dans les grandes entreprises d'ici 2013, car les préoccupations liées à la sécurité, la flexibilité, l'intégrité des processus et l'ampleur des produits l'emporteront sur les avantages promis en termes de coût et d'évolutivité. Néanmoins, il est probable que les entreprises envisagent un nombre croissant de leurs décisions d'utiliser des solutions ponctuelles ou haut de gamme pour une suite d'ERP via le cloud computing. L'accent est mis sur l'accélération de la vitesse à laquelle les stratégies d'ERP peuvent apporter de nouvelles innovations métiers à l'entreprise. Dans bien des cas, les solutions de cloud computing peuvent réduire le délai nécessaire pour obtenir de la valeur mais, dans bon nombre de situations, le temps et l'effort associés à l'intégration d'une solution de cloud computing dans une solution d'ERP peuvent contrebalancer certaines efficiences des solutions de cloud computing. En réponse à ce phénomène, d'ici 2012, nous nous attendons à ce que les fournisseurs de suites d'ERP proposent des composants de ces suites via le cloud computing pour gagner sur les deux tableaux, à savoir : la préservation des économies d'échelle et de l'efficience liées aux suites tout en profitant des avantages des solutions de cloud computing en termes de délai de génération de valeur. Dans ce cas, l'entreprise conservera l'essentiel de sa suite d'ERP sur site, mais pourrait la compléter par de nouvelles fonctionnalités issues de services basés sur le cloud computing. Des fournisseurs d'écosystèmes tiers pourraient proposer cette approche hybride basée sur une suite. Un certain nombre de solutions ponctuelles de SCM sont disponibles par le biais de mécanismes de cloud computing. L'acquisition des systèmes de gestion du transport (TMS) sur le marché intermédiaire se fait fréquemment via des modèles de cloud computing. La raison principale pour laquelle les solutions de SCM basées sur le cloud computing seront plébiscitées est que bon nombre de ces processus métiers sont des processus métiers multi-entreprises, où l'exécution du processus métier fait abstraction des frontières de l'entreprise. En conséquence, l'utilisation d'une infrastructure partagée qui fait abstraction des frontières de l'entreprise paraît des plus logiques pour ces systèmes. Enfin, nous constatons l'émergence de technologies sensorielles qui exploitent le cloud computing, étant donné que les stocks et les ressources doivent faire l'objet d'un suivi à l'échelle planétaire. Le meilleur moyen d'y parvenir consiste généralement à utiliser un environnement de cloud computing. En l'occurrence, les systèmes d'optimisation des ressources mobiles, de suivi de stock sérialisé ou de traçabilité des stocks exploiteront les styles architecturaux du cloud computing. MDM pour la CRM, l'ERP et la SCM Les processus métiers créent, consomment, ajustent ou publient diverses données maîtresses et données étendues associées aux données maîtresses (entre autres données). Si et quand les processus métiers seront remaniés et « reconditionnés » pour tirer profit des plates-formes de cloud computing, il faudra déterminer où ces données maîtresses sont créées, consommées, ajustées et publiées. Étant donné l'accent mis récemment sur la manière dont les entreprises obtiennent et conservent une « vue unique » des données maîtresses, la complexité accrue qui découle du remaniement et du reconditionnement des processus métiers, ou de parties de ces processus métiers, rendra cette activité plus difficile. Les entreprises qui implémentent la MDM aujourd'hui dans des environnements majoritairement délimités, insulaires et bien contrôlés où le changement au niveau des processus métiers peut au moins être raisonnablement contrôlé doivent encore étudier la complexité qu'ajoute un changement dans le centre de gravité de tels processus métiers. En tant que tel, le cloud computing et le changement associé/impliqué quant à l'endroit où les processus métiers ou des parties des processus métiers résideront seront entravés par le coût lié au maintien d'une vue unique des données maîtresses. Les applications d'entreprise ou processus métiers proposés dans une plate-forme de cloud computing sont similaires à ce que l'on a pu voir à la fin des années 1990 et au début des années 2000, avec la hausse et la baisse des échanges commerciaux. Il sera intéressant de voir comment les services de cloud computing tirent des leçons des problèmes qui se sont manifestés au cours de ces échanges commerciaux. ________ Demain, quatrième et dernière partie Éléments perturbateurs du cloud computing sur les applications d'entreprise et processus métiers Conclusion
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