Oracle boucle un exercice 2008 en forte croissance
Publié le Jeudi 26 Juin 2008
La firme de Larry Ellison s'est faite plus discrète ces derniers mois, à l'exception de l'épisode qui l'a conduit au rachat de BEA Systems en janvier. La publication des résultats financiers de l'exercice 2008 clos le 31 mai dernier semble montrer que la stratégie de croissance externe lancée il y a quelques années porte ses fruits. Oracle réalise un chiffre d'affaire de 22,4 milliards de dollars en croissance de 25 % et un bénéfice net de 5,5 milliards de dollars (+29%).
Ce sont donc des résultats impressionnants que vient de publier Oracle. L'éditeur réussit une belle partie dans tous les compartiments du jeu pour reprendre une métaphore sportive : ventes de nouvelles licences, mises à jour de licences existantes, services.
Numéro Un des SGBD, numéro deux du middleware
Sur les quatre dernières années, Oracle n'a pas hésité à ouvrir son portefeuille pour faire des emplettes dont les plus marquantes ont été Peoplesoft, Siebel et cette année BEA Systems. Au total, quelque 35 milliards de dollars au service d'une croissance externe à marche forcée qui fait d'Oracle l'un des quatre grands éditeurs de logiciels d'aujourd'hui avec Microsoft, IBM et SAP. Oracle domine assez largement le marché des bases de données (en chiffre d'affaires) et est désormais numéro deux dans le domaine du middleware derrière IBM.
Sur le marché des bases de données, Oracle a conforté son avance puisque la croissance dont il fait preuve est supérieure à celle du marché : de l'ordre de 25 % pour Oracle contre 12,6 % pour le marché des SGBD selon le IDC. Ce marché est évalué à 18,8 milliards de dollars par le cabinet américain. Les 5 acteurs qui sont par ordre d'importance Oracle, IBM, Microsoft, Teradata et Sybase représentent 90 % du chiffre d'affaire global. Alors que ces éditeurs cherchent à renforcer leur position, les améliorations technologies concernent des domaines comme la compression des données, la sécurité, le support des données non structurées. Selon IDC, les projets de Data Warehouse et de Master data Management dopent les ventes de licences de SGBD.
Restent les bases de données Open Source - tels MYSQL qui s'est fait racheté par Sun, PostgreSQL, Ingres... - dont l'influence est assez difficile à déterminer puisque le critère du chiffre d'affaires lié à la vente de licences n'est pas opérant.
Les SGBD devant les progiciels de gestion
En termes de ventes de licences - incluant les mises à jour de licences existantes -Oracle a réalisé un chiffre d'affaires de 17,8 milliards de dollars en augmentation de 26 % par rapport à l'exercice 2007 (19% en tenant compte des effets de change). La vente de SGBD et de middleware en représente la plus grande partie avec 11,6 milliards de dollars, soit quasiment les deux tiers de la vente de licences. Le reste étant réalisé par les ventes de licences de progiciel de gestion d'entreprises (6 milliards de dollars).
Que ce soit en SGBD, middleware ou progiciel d'entreprise, la répartition entre nouvelles licences et mises en œuvre des nouvelles versions s'établit respectivement à 34 et 46 % du chiffre d'affaires global.
La partie services représente 20 % du chiffre d'affaires et se répartit en consulting, qui constitue la plus grande partie (3,5 milliards de dollars sur 4,5 milliards), on demand et formation. La partie on demand s'établit à 694 M$ et montre une évolution significative vers le SaaS (Software as a Service), mais qui reste relativement modeste par rapport à la vente de licence.
Les bénéfices sont aussi placés sous le signe de la croissance et atteignent 5,5 milliards de dollars en augmentation de 29 % par rapport à 2007. Le ratio bénéfice net/chiffre d'affaire est de l'ordre de 25 %, un niveau de performance qu'envieraient de nombreux éditeurs de logiciels. Oracle maintient son effort de R&D dont l'enveloppe globale est de 2,7 milliards de dollars (+25 %).
