Lundi 21 Mai 2012

Bull réalise un chiffre d’affaires en baisse et un résultat net quasi nul

Jeudi 11 Février 2010

Sur l’exercice 2009, Bull a réalisé un chiffre d’affaires de 1,1 milliard d’euros, en régression de 2 % (et 0,9 % à taux de change constants), et un résultat net de 1,4 million d’euros. « En 2009, Bull a démontré sa résilience dans un environnement de marché dégradé avec un chiffre d'affaires en légère progression pour ses offres coeur et un dépassement de son objectif de rentabilité », commente Didier Lamouche en marge de ces résultats.

 « Je suis convaincu que Bull possède un potentiel d’amélioration de sa rentabilité opérationnelle. Cette amélioration sera induite par la croissance mais aussi par nos efforts permanents de réduction des coûts de structure. A new Bull is back », expliquait Didier Lamouche en avril 2005 dans une lettre aux actionnaires, deux mois après sa prise de fonction. Mais force est de constater que 5 ans plus tard la réalité est bien différente.

 

Depuis 5 ans que Didier Lamouche est aux commandes de l’entreprise, le chiffre d’affaires a diminué de 5% alors que celui de l’industrie IT a augmenté de plus de 10 %. Ce qui revient à dire que le chiffre d’affaires réel de Bull a diminué de près de 15 % depuis 2005.

 

 

 

 

Pourtant, la lecture des communiqués successifs annonçant les résultats ne laisse pas entrevoir une telle évolution.

2009
Bull confirme sa résilience et conforte sa nouvelle dimension avec l’acquisition d’Amesys

- Dépassement de l’objectif de profitabilité opérationnelle annuelle

- Légère progression du chiffre d’affaires des activités cœur malgré un contexte de décroissance des marchés de référence

- Confirmation de la capacité du groupe à générer du cash opérationnel

- Chiffre d’affaires activités cœur : 1 033 millions d’euros (+0,3% et +1,3% à taux de change constants)

- Chiffre d’affaires consolidé : 1 110 millions d’euros (-2% et -0,9% à taux de change constants)

2008 

Bull dépasse ses objectifs

Le recentrage et la transformation se poursuivent en 2008, se traduisant par :

- Croissance de 5,6% du chiffre d’affaires au quatrième trimestre

- Profitabilité (EBIT) annuelle supérieure aux objectifs et en hausse de 8,3% sur un an

- Accroissement fort de la génération de cash opérationnel qui s'établit à +27,5 millions d'euros

- La trésorerie nette s'élève à 302 millions d'euros et atteint un niveau historique

2007

- Poursuite de la croissance et progression de la marge des activités Services

- Profitabilité (EBIT) supérieure aux objectifs et en hausse de 27% par rapport à 2006

2006

- Confirmation de la croissance soutenue des activités de services

- EBIT supérieur aux objectifs donnés en juin 2006

2005

- Bull annonce un chiffre d'affaires consolidé de 1 173 millions euros pour 2005 et ainsi son retour à la croissance : + 3% sur l'année et + 8,3% sur le quatrième trimestre 2005.

 

Sur cette période 2005-2010, cette performance médiocre s’est traduite au niveau de l’action de Bull qui est passée de 10 euros à environ 3 euros pour une capitalisation boursière de 300 M€.

 

Cherchez la cohérence ?

 

Malgré ces résultats médiocres, le patron de Bull a réussi à convaincre le conseil d’administration de lui allouer un salaire plutôt confortable qui, selon un classement issu du magazine Capital publié en novembre 2009, le plaçait en tête des sociétés de IT sur l’année 2008.  Avec un revenu de 1,1 M€ (décomposé selon le document officiel envoyé aux actionnaires en 527 K€ en fixe, 577 K€ en variable) , le patron de Bull avait été mieux payé que Patricia Russo, l’ex-Pdg d’Alcatel-Lucent et Carlo Bozotti de ST Microelectronics.

 

Cette situation s’inscrit dans le phénomène révélé par Martin Hirsch, haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, et Jean Getty, président d’une société de gestion de portefeuille montrant l’absence de lien entre performance économique des entreprises et niveau des salaires de leurs dirigeants. L’analyse des 90 sociétés du Small 90 montrait que les 9 actions qui avaient le plus progressé depuis 2001 (640 % d’appréciation en moyenne) étaient celles des 9 patrons les moins bien payés. Inversement, les 9 actions les moins performantes (76 % de dépréciations en moyenne - comparable à celle de Bull) sont celles des 9 patrons les mieux payés.

 

« Si la rémunération d’un dirigeant d’entreprise doit être fonction de la valeur qu’il crée pour les actionnaires, alors cette règle n’est manifestement pas respectée » conclut Martin Hirsch et Jean Getty dans l’article qu’ils avaient publié le 25 janvier dernier dans le quotidien Les Echos (La cohérence perdue des salaires des patrons). Finalement, Bull n’est pas une exception dans l’univers des entreprises françaises.

 

Et pour 2010 ?


Le groupe Bull n'anticipe pas de reprise de la conjoncture économique avant le second semestre 2010. Dans cet environnement qui reste difficile sur le court terme, l'objectif d'EBIT est compris entre 35 et 40 millions d'euros pour l'exercice 2010. Cet objectif est celui du nouveau périmètre du groupe suite à l'acquisition d'Amesys. Il ne tient pas compte des impacts liés à l'allocation des écarts d'acquisition d'Amesys qui seront déterminés en 2010.

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