Lundi 21 Mai 2012

L’industrie française du logiciel se porte bien mais doit intégrer les petits acteurs

Jeudi 8 Juillet 2010
Si les entreprises du logiciel ont plutôt bien résisté, en France, à la crise économique, un top 100 des acteurs montre que cette bonne santé cache d’importantes disparités entre les sociétés : les grandes structures de renom sont celles qui font du chiffre, innovent, rachètent… tandis que les petites peinent à décoller. Un envol qui pourrait se faire par l’adaptation à de nouvelles pratiques telles que le Cloud Computing, qui représente un nouveau vecteur de développement.

Un secteur qui ne se laisse pas démonter
L’EuroSoftware 100, édition 2010 du Top 100 des éditeurs de logiciels français, fait apparaître que l’industrie française du logiciel réagit bien face à la crise, ce qui peut étonner compte tenu de l’impact de celle-ci sur les investissements informatiques en 2009. Ainsi, contre toute attente, le chiffre d’affaires global du Top 100 n’a baissé que de 1,4%, atteignant 3,5 milliards d’euros, par rapport à 2008 tandis que la demande de logiciels, elle, a chuté de 4,5%.

Des leaders qui prennent toute la place
Néanmoins, tous les acteurs du logiciel ne sont pas au même niveau : 61% du chiffre d’affaires global est détenu par les 10 premiers acteurs et le CA de 60 entreprises parmi celles du Top 100 est inférieur ou égal à 15 millions d’euros. « Ce classement est également marqué par une stabilité qui contraste fortement avec l’adaptabilité permanente qui caractérise le secteur », commente Patrick Bertrand, Président de l’AFDEL.

Le secteur comporte en effet des leaders internationaux dans leur domaine, qu’il est difficile de déloger, tels que Dassault (PLM), Axway (plate-forme), Murex (finance). Par ailleurs, les éditeurs traditionnels ont réussi leur évolution vers le SaaS/ASP, ce grâce à quoi leur revenu a augmenté de 5 à 35%. C’est le cas pour Cegid, Esker, Générix… On voit aussi se développer les acteurs spécialistes de tous horizons comme Sidetrade, Metaware, Oodrive.

En outre, les grandes structures, en rachetant des sociétés, ont contribué à l’essor du logiciel français : citons par exemple l’acquisition de l’éditeur allemand O3SIS et de Trusted Logic (sécurité numérique-mobilité, 82ème rang) par Gemalto en 2009, le rachat de Masternaut par HubTelecom (ADP), de Techsia par Schlumberger… Mais le succès du secteur est également dû aux développeurs de logiciels de France Telecom, Thales, Dassault, Amadeus…

Peu de place pour les petits, mais des perspectives de changement
On constate ainsi qu’il reste peu de place pour les petites structures. « L’industrie du logiciel en France doit œuvrer à l’émergence de nouveaux acteurs de taille critique ayant les moyens et les ambitions d’initier une politique de consolidation », explique Pierre Marty, European Software Leader au sein de PricewaterhouseCoopers.

Or il existe de nouveaux vecteurs de développement tels que le Cloud Computing, qui constitue également une remise en cause des modèles économiques et des modes de fonctionnement du secteur de l’édition de logiciels. « Ce foisonnement de nouveautés et les attentes qu’elles génèrent chez les utilisateurs permettront à ceux qui s’adaptent de se préparer à la croissance de demain », ajoute Pierre Marty.

L’EuroSoftware 100, l’édition 2010 du Top 100 des éditeurs français, a été réalisé par PricewaterhouseCoopers avec Pierre Audoin Consultants, en partenariat avec l’Association Française des Editeurs de Logiciels (AFDEL), et la European Software Association.

Pour consulter le Top 100 : http://www.itrpress.com/cp/2010/2010-07-08_EuroSoftware100.pdf.  
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