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Plus d'une PME sur deux d'au moins dix personnes a recherché un financement en 2010
Jeudi 4 Août 2011
Au sein des PME française de moins de dix personnes, 51 % des entreprises ont recherché un financement en 2010. Elles étaient 42 % en 2007 (avant la crise). Selon l'Insee, elles sont 62 % à avoir tenté de trouver un financement au cours de l'une de ces années (ou les deux). C'est également le pourcentage d'entreprises qui comptent rechercher un financement sur la période 2011-2013. Enfin, le secteur des TIC adopte un comportement atypique.
Les entreprises à forte croissance sont proportionnellement plus nombreuses à rechercher un financement que celles à croissance faible ou moyenne (respectivement 58,2 % contre 50,5 % en 2010). Toutefois, l'écart entre ces deux catégories s'est réduit : passant de plus de 12 points en 2007 à 8 en 2010. Il est de 7 points dans les anticipations sur 2011-2013. Parmi les entreprises à forte croissance, les plus jeunes (celles nées après 2002 que l'on appelle « gazelles ») sont proportionnellement un peu moins en quête de financements que les autres.
La construction et l'industrie sont les secteurs où la recherche d'un financement est la plus fréquente : en 2010, cette recherche concerne 57 % des PME d'au moins dix personnes dans la construction et 54 % dans l'industrie. Mais c'est dans les services liés aux TIC que cette proportion a le plus progressé entre 2007 et 2010, augmentant de 13 points (contre une hausse de 9 points en moyenne) pour se situer à 48 %.
Les prêts dominent toujours mais...
Ces PME d'au moins dix personnes recherchent principalement des prêts (hors découverts bancaires, affacturages, crédits-bails, crédits fournisseurs, dettes mezzanines classés en « autres modes de financement ») : 33 % en ont demandé un en 2007, 37 % en 2010 et 53 % envisagent d'y recourir sur la période 2011-2013. Toutefois, les « autres modes de financement » ont progressé plus vite entre 2007 et 2010 (+ 7 points). 26 % des entreprises en ont recherché en 2010 et 32 % comptent le faire sur la période 2011-2013. Les tentatives d'augmentations de capital progressent aussi fortement, passant de 2,5 % à 4,6 % des entreprises entre 2007 et 2010.
En 2007 comme en 2010, les entreprises à forte croissance ont davantage recherché d'« autres modes de financement » que celles à croissance faible ou moyenne. " Elles sont 37 % en 2010 contre 26 %, soit 11 points de plus, précise l'Insee. La différence est notable pour presque tous les modes de financement de cette catégorie (y compris crédits-bails et découverts bancaires ou lignes de crédit). La proportion d'entreprises qui ont demandé un affacturage, des subventions, des prêts publics, des aides aux exportations ou des avances de paiement des clients est deux à trois fois plus élevée pour les entreprises à forte croissance que pour les autres ". Les anticipations sur 2011-2013 indiquent que cet écart entre types d'entreprise dans la recherche d'autres modes de financement devrait se réduire.
TIC : une branche atypique
Les entreprises à forte croissance souhaitent augmenter leur capital beaucoup plus souvent que les autres entreprises (+ 10 points). Ainsi, dans le secteur des services liés aux TIC où la proportion d'entreprises à forte croissance est la plus élevée, 25 % des entreprises envisagent d'accroître leur capital entre 2011 et 2013, contre seulement 7 % des entreprises tous secteurs confondus. À l'inverse, entre 2011 et 2013, le secteur des services liés aux TIC apparaît le moins concerné par un financement sous forme de prêts, ce mode n'étant retenu que par 43 % des entreprises (contre 53 % tous secteurs confondus).
Des financements plus difficiles à obtenir
Quand une PME recherche un prêt, elle sollicite presque toujours une banque. Aisni, 36 % ont demandé un prêt bancaire en 2010, soit seulement un point de moins que le pourcentage de celles qui se sont enquis d'un prêt. Le taux d'échec partiel ou complet dans la recherche d'un prêt bancaire est en très forte hausse entre 2007 et 2010. Il est passé d'un peu plus de 5 % à près de 17 % (avec un échec complet dans 7 % des cas). Il a même atteint 23 % en 2010 pour les entreprises à forte croissance. Le taux d'échec partiel ou complet peut dépasser 50 % en 2010 pour des recherches de financement auprès « d'autres personnels » (non dirigeants), de « la famille, les amis... » ou d'autres entreprises.
" Les principales raisons avancées par les banques pour refuser un prêt ou imposer des conditions jugées insatisfaisantes par les entreprises sont une mauvaise cotation (rating) globale de l'entreprise ou une insuffisance de capitaux, bien davantage qu'un manque de garanties ou qu'un potentiel insuffisant ou trop risqué de l'entreprise ou de ses projets ", observe l'Insee.
En 2010, pour plus de 18 % des entreprises ayant obtenu un prêt, une garantie a été nécessaire. Les dirigeants ou les propriétaires se portent garants pour les trois quarts des entreprises ayant obtenu un prêt ayant nécessité une garantie (soit 14 % des entreprises). Les entreprises à forte croissance recourent plus souvent que les autres entreprises à des garanties publiques : ce phénomène s'est amplifié en 2010, touchant un peu moins de 8 % des entreprises à forte croissance contre 3 % des autres.
Plus de 80 % des entreprises qui tentent d'augmenter leur capital sollicitent leurs associés : 3,7 % des entreprises interrogées ont ainsi demandé à leurs associés de participer à une augmentation de capital en 2010 alors que 4,6 % ont tenté d'augmenter leur capital (après respectivement 2,1 % et 2,5 % en 2007). Mais le taux d'échec partiel ou complet auprès des actionnaires a plus que doublé entre 2007 et 2010 pour se situer à 10 % en 2010. " La proportion d'entreprises cherchant à obtenir l'entrée de fonds de capital-risque dans leur capital était, en 2010, quatre fois plus élevée parmi les entreprises à forte croissance que parmi les autres : 15 % des entreprises à forte croissance et 23 % des « gazelles » qui ont tenté d'augmenter leur capital les ont sollicités ".
Moins d'une entreprise sur dix verrait sa croissance limitée en l'absence de financement
L'accès au financement ne semble pas être l'élément le plus préoccupant pour les PME qui emploient toujours au moins dix personnes en 2010, après avoir traversé la crise, estime l'Insee. " D'abord, parce que moins d'une entreprise sur cinq estime que sa situation financière s'est dégradée entre 2007 et 2010, tandis qu'un peu plus d'une sur trois estime au contraire qu'elle s'est améliorée (notamment à cause d'un meilleur ratio « dette sur chiffre d'affaires »). Ensuite, parce que les entreprises sont deux fois plus nombreuses à percevoir une amélioration du coût du financement qu'une dégradation ". Finalement, seulement 8 % des entreprises citent le manque de financement parmi les facteurs qui devraient limiter le plus leur croissance d'ici 2013. Dans le même temps, près de 8 entreprises sur 10 citent l'état général de l'économie, 54 % la concurrence sur les prix et la faiblesse des marges, près de 40 % le coût élevé du facteur travail, 28 % la difficulté à trouver du personnel qualifié, 27 % une demande faible sur le marché domestique...
Ce climat général contribue à rendre moins prégnante la contrainte de financement. " Une entreprise faisant face à une demande faible ou ne parvenant pas à recruter du personnel n'a probablement pas de besoin majeur de financement, observe à juste titre l'Insee. En revanche, les entreprises à forte croissance craignent davantage que les autres de manquer de financements d'ici 2013. Presque 13 % contre un peu moins de 8 % pour les autres entreprises. 13 % des entreprises à forte croissance envisagent de solliciter les entités publiques ou parapubliques d'ici 2013 (contre 7,5 % pour les entreprises à croissance faible ou moyenne).
Les financements sont d'abord destinés à soutenir l'activité en France
62 % de ces entreprises estiment qu'elles rechercheront des financements sur la période 2011-2013 et un peu plus de 33 % devront les obtenir pour maintenir leur activité. Si 20 % des entreprises comptent les utiliser pour financer la croissance de leur activité en France, moins de 4 % financeraient leur croissance à l'international ; cependant, plus de 10 % des entreprises à forte croissance sont concernées par ce dernier objectif. Ces entreprises à forte croissance sont aussi proportionnellement presque deux fois plus nombreuses que les autres à souhaiter mener des opérations de fusion-acquisition (14 % contre 8 %) et financer la recherche-développement et l'innovation (12 % contre 6 %).
Pour retrouver l'intégralité de l'étude : Enquête sur l'accès au financement des PME employant au moins 10 personnes
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