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Le plagiat de la recherche scientifique
Samedi 11 Août 2012
Les développements de la société de l’information ont transformé le rapport de chacun à la création authentique, à l’originalité créatrice. Les savoirs par la recherche, publique ou privée, ne peuvent progresser si la duplication, la répétition et l’imitation se perpétuent.
Le plagiat se relève par rapport à une production achevé, à une réalisation aboutie, à une œuvre accomplie, à un ouvrage terminé. Il est une dimension substantielle sur laquelle le fondement du plagiat comme la réaction au plagiat reposeraient : l’antériorité d’un texte, d’un discours, d’une étude. Pour que la notion de plagiat prenne sens, il est nécessaire de repérer un avant-texte à partir duquel seraient évaluées les similitudes et les différences,.
La multiplication des cas de ressemblance entre deux textes, qui laisse autant soupçonner l’existence d’un plagiat que planer le doute à son propos, intrigue. Les différentes formes de plagiat détectable, de la paraphrase au copier/coller, obèrent le savoir et mutilent la connaissance, mais elles paraissent ne s’emparer qu’à la marge de la réflexion, de la pensée, du sens de la recherche. Hélène Maurel-Indart remarque ainsi que « toute la difficulté consiste à savoir, au cas par cas, où se place le curseur qui fixe la limite entre emprunt frauduleux et emprunt créatif ». Les copies ou les réutilisations, les emprunts au prétexte d’intertextualité, les citations non signalées par des guillemets et/ou dépourvues d’un renvoi à leur auteur, les reproductions aux confins de la contrefaçon, les copier-coller facilités par la numérisation des documents, les réemplois frauduleux d’un texte rendent compte d’appropriations indues des dires d’un autre. La réécriture est-elle une marque d'expression personnelle ou un artifice de fraude ?
Le plagiat, quelles que soient ses formes, du copier-coller jusqu’au travestissement falsificateur des projets ou des résultats de recherche d’un autre que soi, mérite désormais un traitement juridique qui soit à la hauteur des risques qu’il fait courir à la société de la connaissance. Car le plagiat touche aujourd'hui toutes les disciplines scientifiques. Son analyse interpellera donc les étudiants comme les enseignants, les chercheurs et les doctorants, aussi bien dans les universités que les laboratoires, publics comme privés.
Si, la plupart du temps, devant tout plagiat constaté, parfois assimilé à une fraude scientifique, chacun s’en indigne, son traitement social plus que juridique demeure mesuré. Les développements de la société de l’information ont transformé le rapport de chacun à la création authentique, à l’originalité créatrice.
Les contributions réunies dans cet ouvrage “Le plagiat de la recherche scientifique” présentent les approches de ce phénomène afin de repérer ses fondements, ses formes, les lieux de son éclosion; elles conduisent à réfléchir aux moyens de le prévenir ou de le sanctionner, en évitant de porter atteinte à l’indépendance de la recherche.
Ouvrage collectif sous la direction de Gilles J. Guglielmi et Geneviève Koubi avec la collaboration de Jean-Noël Darde, Hélène Maurel-Indart et Mathieu Touzeil-Divina.
L.G.D.J
www.lextenso-editions.fr
Format 15,5 x 24 cm
230 pages
Prix : 41€
Dans la première partie sont exposées les définitions et caractérisations du plagiat
Le plagiat dans la République : approche éthique et politique - Elisabeth G. SLEDZIEWSKI (Université Paris Est Créteil)
Plagiat et déontologie académique - Joël MORET-BAILLY (Université Saint-Etienne)
Généalogie du plagiat - Joël BIRMAN (Université Rio de Janeiro, Brésil)
Ignorer la recherche, effacer l’auteur - Claudine HAROCHE (CNRS)
De l’emprunt servile à la réécriture créative - Hélène MAUREL-INDART (Université Tours)
Plagiat et copyright : société de l’innovation et modernité médiatique - Olgaria MATOS (Université Sao Paulo, Brésil)
Je est un autre - Francis SEGOND (écrivain et éditeur, France)
Le plagiat : transgression individuelle ou phénomène organisationnel ? Jean-Claude PACITTO (Université Paris Est, IRG)
Le plagiat à l’université : un « aveuglement organisationnel » ? David DOUYÈRE (Université Paris 13)
La deuxième partie est consacrée aux détections et sanctions du plagiat
Le plagiat : contagion, détection, sanction - Christophe SINNASSAMY (Université Paris 2)
Les logiciels anti-plagiat : détection ? formation ? prévention ? dissuasion ? Jean-Noël DARDE (Université Paris 8)
Procédure à suivre en cas de manquement à l’intégrité dans la recherche scientifique : principes généraux - Françoise HAVELANGE (Facultés universitaires Notre-Dame-de-la-Paix de Namur, Belgique)
Favoriser la dénonciation pour contrer le déni : la recherche allemande face au plagiat - Thomas HOCHMANN (Université libre de Bruxelles, Belgique)
Progression et digressions de la répression disciplinaire du plagiat de la recherche - Mathieu TOUZEILDIVINA (Université Le Mans)
Les hésitations du droit pénal à l’égard du plagiat - Emmanuel DREYER (Université Paris 2)
Repenser le droit du plagiat de la recherche- Laure MARINO (Université Strasbourg)
Publications et plagiat à l’ère d’internet : réponses collectives à de nouvelles pratiques - PierreJean BENGHOZI (École Polytechnique) et Michelle BERGADAA (Université Genève, Suisse)
Plagiat de la recherche et fonctions du droit - Gilles J.GUGLIELMI (Université Paris 2)
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