Jeudi 21 Août 2014

Les industries du film et de la musique sont toujours tirées par les pays développés

Mercredi 12 Février 2014
L’omniprésence du film et de la musique enregistrée dans le monde ne se dément pas. L’essor du numérique n’y est bien sûr pas étranger. Il est vrai que l'accès au contenu a été fortement facilité par le développement des services de streaming ou de vidéo à la demande, entre autres, mais aussi par le déploiement de la portabilité sur un nombre croissant d'appareils (ordinateurs, tablettes, smartphones). En 2013, les industries du film et de la musique ont ainsi généré ensemble un total d’environ 42 milliards d’euros de recettes, note Xerfi qui vient de publier une étude approfondie sur les grands acteurs mondiaux de l’industrie du film et de la musique intitulée : « Entertainment Groups : Film & Music - World » et réalisée par Petra Frent.


Le marché de la musique en voie de stabilisation et celui du film en pleine forme

Soutenues par la hausse du prix des tickets et une présence mondiale croissante, les recettes du box-office mondial n’ont pas cessé d’augmenter, pour atteindre environ 29 milliards d’euros en 2013. Confrontée au téléchargement illégal, au développement tardif des plates-formes numériques et à la pression croissante des distributeurs numériques, l'industrie musicale se heurte elle à une baisse massive de ses revenus depuis 2000. Cependant, les recettes de la musique enregistrée ont atteint environ 13 milliards d’euros en 2013, après avoir enregistré une modeste hausse de 0,3% à 12, 8 milliards d’euros en 2012. L'expansion des plates-formes numériques, qui a compensé la baisse persistante des ventes physiques, avait ainsi permis au marché de la musique enregistrée de signer en 2012 sa première hausse depuis plus de dix ans.


Une répartition géographique des ventes très concentrée

L'industrie de la musique est très fragmentée, avec une proportion importante des revenus issus des répertoires locaux (plus de 50% au Brésil, Japon, Italie et aux États-Unis). Néanmoins, trois maisons de disques (Universal Music et Vivendi en France, Sony Music au Japon et Warner Music aux Etats-Unis) trustent près de 75% des ventes et sept pays avancés 80% des revenus de la musique enregistrée dans le monde.


Les 7 pays qui génèrent 78,6% des revenus de la musique enregistrée unité : milliards d’euros

Source: Xerfi Global avec IFPI


Dans le même ordre d’idées, le chiffre d’affaires du box-office global est tiré majoritairement par des pays développés, et en particulier par les Etats-Unis. Pourtant, la Chine et l’Inde représentent le 2eme et le
5eme des plus grands marchés avec des ventes de respectivement 2 milliards et 1 milliard d’euros. À l'exception du groupe japonais Sony, les acteurs dominants de la production de films sont les studios
américains comme 20th Century Fox, Paramount Pictures, Warner Bros et Walt Disney. Ils restent d’ailleurs les principaux exportateurs de films, séries TV et autres contenus à des chaînes et réseaux de télévision étrangers.


Les 7 pays qui représentent 90,3% des recettes du box-office unité : milliards d’euros

Source: Xerfi Global avec MPAA
 

Une hausse des ventes dans les économies émergentes…

Au cours des trois dernières décennies, les recettes de l'industrie du divertissement ont été concentrées géographiquement dans les pays avancés, notamment les États-Unis, le Japon, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne. A l’avenir, les grands opérateurs du secteur anticipent une progression des revenus dans les économies émergentes. La plupart des leaders mondiaux du divertissement se sont d’ailleurs fixés pour objectif de doubler leur part de marché à moyen et à long terme dans des pays à forte croissance comme l’Inde, la Chine, etc.


… qui n’est pas gagnée d’avance

La culture n’est pas soumise aux règles de l’OMC (Organisation mondiale du commerce). Autrement dit, les Etats sont souverains et fondés à limiter le libre-échange de la culture sur leur marché domestique par une législation protectionniste. Dans les pays émergents, les gouvernements restreignent en général le contenu étranger dans le divertissement local, en exigeant un seuil minimum de contenu national.
Par exemple, en Chine, le deuxième plus grand marché du film en termes de recettes du box-office et qui présente la plus forte croissance, les films étrangers font l’objet d'un quota annuel et doivent faire face à la censure des régulateurs culturels locaux qui peuvent supprimer un contenu jugé inapproprié.
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